Autoportrait noir et blanc de Matthieu Gilot réalisé à l'argentique.


Peut-on être à la fois photographe professionnel, contrebassiste, sous-officier de l’armée de Terre et rédacteur d’articles dédiés à l’élégance masculine ?


« La vie sans musique est tout simplement une erreur. »

Friedrich Nietzsche

Matthieu Gilot joue de la contrebasse

La musique fait partie de ma vie depuis plus de trente ans ! Je débute la pratique du cor d’harmonie à 8 ans. Plus tard, je découvre que je préfère les fréquences graves et les instruments imposants (mon dos ne me remercie pas !), ce qui me conduit à l’apprentissage de la basse et de la contrebasse Jazz au conservatoire.

J’ai la chance d’y suivre les cours de compositeurs / arrangeurs pédagogues, exigeants et passionnés, tels que Denis Bioteau et Stan Laferrière, qui m’apprennent toute l’élégance des conduites de voix et de l’orchestration. J’y découvre mes véritables passions : l’harmonie, l’écriture et l’arrangement.

Je vis professionnellement de la musique quelques années durant, entre cours particuliers, écriture de bandes originales pour des compagnies de théâtres et concerts avec plusieurs formations aux esthétiques variées.

Même si aujourd’hui la musique n’occupe plus autant de place dans ma vie, j’ai toujours le plaisir d’accompagner Poly’Son sur scène, un ensemble vocal de 130 choristes spécialisé dans la variété française.


« Le voyage est court. Essayons de le faire en première classe. »

Philippe Noiret

Cette citation résume bien mon intérêt pour le style et l’élégance. Je me rappelle enfant déjà la fascination qu’exerçait sur moi les tenues d’un Sean Connery à la faveur de la diffusion d’un James Bond projeté sur notre vieille télé cathodique.

Pour moi, ce qui caractérise cette première classe, ce n’est ni l’ostentation ni le coût. C’est l’attention portée à la qualité, à l’harmonie des couleurs, au dialogue entre les matières et les textures et à l’agencement des volumes et des proportions.

J’ai effectué de nombreuses recherches et lu tout ce que je pouvais trouver, à une époque où internet commençait à peine à se démocratiser. Bien plus tard, j’ai eu l’opportunité de rédiger des articles pour l’excellent site Borasification.

En matière de style, je suis curieux de tout. J’aime l’élégance classique et les connaissances encyclopédiques de G. Bruce Boyer. J’apprécie l’apparente simplicité des tenues de Simon Crompton qui se concentrent avant tout sur les coupes et la qualité. J’admire la décontraction naturelle d’Alessandro Squarzi et sa capacité à mêler héritage sartorial et influences street et vintage.

Matthieu Gilot tient un appareil photo Mamiya C220.

L’engagement comme valeur

Le drapeau français flotte au dessus de la place d'armes.

Depuis plusieurs années, je suis sous-officier de réserve de l’armée de Terre. C’est un engagement qui permet de s’extraire du quotidien et d’apprendre à se dépasser !

Le jour où mon commandant d’unité m’a nommé référent communication, ma photographie s’est mue de passion personnelle à pratique professionnelle. Je photographie les entraînements, les cérémonies, les missions, qu’importe l’heure du jour, les conditions de lumière ou les conditions météorologiques.

Lorsque je porte le treillis, deux préoccupations m’animent : le bien-être de mes hommes et le succès de la mission. Ce sont ces mêmes préoccupations que je garde à l’esprit dans mes relations avec mes clients et dans mon travail de photographe.


« Je photographie pour découvrir à quoi ressemble une chose lorsqu’elle est photographiée. »

Garry Winogrand

Je me rappelle encore de mon premier appareil photo. J’avais 11 ans lorsque j’ai reçu mon compact zoom Minolta en cadeau (en argentique, les appareils numériques n’existaient pas encore). Je l’adorais et je regrette bien de ne plus l’avoir aujourd’hui (depuis je me console en chinant plus de vieux boitiers argentiques que nécessaire) !

J’aborde la photographie en musicien. Et de la même façon qu’un musicien pratique son instrument tous les jours, je photographie quotidiennement. Une journée sans photographie est un peu une journée ratée !

Quand je suis passionné par un sujet, j’ai à cœur d’en explorer toutes les composantes. Et elles sont nombreuses en photographie ! Histoire, culture, grands photographes, procédés, techniques, ce ne sont pas les sujets qui manquent !

Aujourd’hui la photographie me permet de lier entre elles toutes mes passions. Qu’il s’agisse de musique, de style ou d’image, il est finalement question d’art, d’élégance et de création.

Lecture de négatifs à la lumière d'une fenêtre.

Les livres les plus importants de ma bibliothèque

Raymond Depardon Errance

Raymond DEPARDON, Errance

Errance m’a fait l’effet d’une claque photographique. Plus que tout autre livre, il m’a fait prendre conscience du travail de la série en photographie, et de la manière d’appréhender la photographie des « moments faibles ».
Pour l’anecdote, j’étais en vacances en Espagne lorsque j’ai lu Errance. Résultat : je suis rentré de vacances avec uniquement des photos au format vertical, ligne d’horizon au centre du cadre !

jean christophe béchet petite philosophie pratique de la prise de vue photographique

Jean-Christophe BECHET, Pauline KASPRZAK, Petite philosophie pratique de la prise de vue photographique

Dialogue entre le photographe Jean-Christophe BECHET et la philosophe Pauline KASPRZAK, le livre aborde le cadrage et la composition, l’avant/après prise de vue, l’appareil, l’éditing, la matière, le réel et le marché de l’art. Rien que ça !
Je crois ne pas exagérer en affirmant que ce petit livre m’a fait gagner dix années de réflexion sur l’ontologie de la photographie !

Saul Leiter, Rétrospective 1923-2013

Saul LEITER est mon photographe préféré : chacune de ses photos est une leçon de poésie ! Alors je ne pouvais pas passer à côté de ce livre magnifique qui revient sur l’ensemble de la vie et de l’œuvre du photographe : ses photos de rue bien sûr, mais également ses photos de mode, ses nus féminins, ses planches contact et même ses peintures.


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